La suite!
Je parlais donc de ma nostalgie d'IRC et des mes interrogations au sujet des blogues. En fait, la concrétisation (le fait de «rendre réel», «en chair et en os») des liens créés à partir des multiples plateformes de «réseaux sociaux» (ex. Facebook) ne dépend pas du type ou de la configuration de la plateforme utilisée, mais bien de la volonté ou non de la part de chaque utilisateur d'effectuer ce que j'appelerais un «transfert socio-réaliste».
Par exemple, plusieurs utilisateurs de l'IRC, usagers de même canaux de discussion, se sont rapidement fédérés en sorte de petites associations communautaires et à organiser des activités «hors-ligne» tel que les «GT» et autres activités sociales. Je vous invite, à ce sujet, à consulter la thèse de Guillaume Latzko-Toth, À La Rencontre des tribus d'IRC (UQAM, juin 1998). L'approche de Latzko-Toth est fascinante et les nouvelles pistes théoriques sur le développement des télé-communications est fort intéressant! D'ailleurs, ne devrions-nous pas parler de «télé-présence» plutôt que de télé-communication? Car, de plus en plus, les communications s'effectuent selon le principe de la présence virtuelle.
Tel est présent.
Assurer son existence sur le web est une chose, mais ce qui est fascinant, c'est de voir spontanément des personnes étaller littéralement leur vie dans un espace public. Virtuel, certes, mais surtout public. De voir également les différents codes de langages utilisés sur les différentes plateformes traverser la frontière du virtuel et passer dans le langage courants. Comme dans Parles à ma main, de Fatal Bazooka où la chanteuse Yelle dit «t'es pas dans ma liste d'amis». Les personnes s'identifient maintenant avec le contenu de leur profil, ainsi on se fera une idée de la personnalité ou des intérêts d'un individu grâce aux applications ajoutées au profils, les commentaires que la personnes fait ou reçoit. Ou encore si cette personne est «fan» de tel ou tel acteur ou membre de tel ou tel groupe.
«Télé-présence». Se donner en représentation et êtres multi-plateformes. Mais en fait, tout comme ce blogue, à quoi sert cette quantité absolument phénoménale d'informations, de commentaires, d'historiques et autres flux de données de plus en plus gargantuesques!?
Qu'en est-il de l'écoute? Sommes-nous présent au autres ou sommes-nous seulement en représentation de nous-mêmes sur une belle page formatée? Assistons-nous à l'émergence d'un nouveau mode de communication qui n'exige plus la présence d'au moins un des deux protagonistes mais qui agit de façon totalement indépendante en comparant les intérêts de deux personnes ou les réponses à un quiz du type «Quel type de salope alcoolique êtes-vous...»?
Il y a des bienfaits à l'utilisation de toutes ses plateformes de réseaux sociaux. L'efficacité et la rapidité de la transmission d'informations ou même la puissance des réseaux combinées afin de fédérer les gens pour les sensibiliser à une cause ou simplement pour créer un évènement. La puissance et la facilité d'utilisation de ces plateformes sont indéniables. Mais ils servent qui? ou quoi? Car n'oublions pas que chaque technologie est toujours au service de quelqu'un ou de quelque chose.
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire