Oui, je suis fan de Mireille. Mais ce n'est pas de cela dont je veux parler aujourd'hui.
Alors que nous tentons d'affirmer que nous vivons à une époque où ce qui est considéré comme faisant parti du domaine privé est quasi une religion, il est fascinant de voir à quel point et surtout, avec quel facilité le gens détaillent leur soi-disante vie privée sur la place publique. Grâce à Internet, nous avons maintenant accès à l'intimité des gens. Nous sommes loin de l'affirmation de Pierre Elliott Trudeau (oui, oui... je cite Trudeau... ne vous pincez pas!) selon laquelle "l'état n'a rien à faire dans la chambre à coucher de la nation." En effet, l'état n'y est plus, en revanche, les caméras web y sont de plus en plus choses courantes.
Petit retour en arrière... Au XIXe siècle, avec l'émergence de la petite bourgeoisie, nous assistons également à l'émergence et la consolidation de la sphère privée. C'est l'arrivée triomphale du Moi. On reçoit dans son hôtel particulier, dans un salon prévu à cet effet. Richement décoré, douillet, sombre. On reçoit dans l'intimité et, surtout, loin des regards indiscrets. Même les toxiques y sont privés. C'est le siècle de l'opium que l'on fume loin de la populace, dans des lieux restreints, sombres et toujours loin des indiscrétions.
Aujourd'hui, nous assistons à l'arrivée triomphale du "Regardz mon Me-Moi-Mes". Une volonté de se mettre soi-même en état de publicité afin de mettre soi-même en scène son intimité de façon à ce qu'elle puisse être consulté, en temps réel, par tout le monde sur la planète, et ce, peu importe le lieu, la culture ou le statut de celui qui consulte. À la limite, le récepteur n'a aucune importance. Car l'important n'est plus le message, il n'y a plus de message car l'émetteur est devenue lui-même son propre message. Me regarder, Moi et Mes choses. Mais de quoi relève ce phénomène? Est-ce un moyen de simplement mettre sa vie à la disposition de tous? Est-ce un moyen de laisser une trace? Est-ce un moyen d'entrer en relation d'immédiateté? Pourquoi certain peine à donner leur nom lorsqu'on les croisent sur la rue alors qu'ils exhibent fièrement chaque plus insignifiant détail de leur intimité sur internet? Il n'y a pas de communication, il n'y a pas de volonté. Alors comment définir?
À suivre...
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